Grand Caucase

Au jour le jour

Grand Caucase

Comme prévu lors de notre arrivée au port de Kuryk, la météo venteuse nous immobilise au terminal. Les prédictions météo de mon appli indiquent que le vent ne se calmera pas avant le week-end. Malin comme un singe, je demande à notre contact de la compagnie de bateau s’il est raisonnable de penser que le bateau partira donc au plus tôt le dimanche suivant. Le concept de prédiction météorologique lui semble totalement inconnu et il continue de prétendre que le bateau arrivera le lendemain. Cette situation cocasse peut vous sembler surprenante, mais c’est ainsi, il n’y a aucun planning de traversée, qui se font au gré de la météo. C’est assez drôle au fond, ça évoque les temps anciens où les offrandes aux dieux des vents étaient de rigueur pour espérer survivre à un séjour en mer. C’est même tristement proche, puisque la raison pour laquelle ces bateaux ne manœuvrent pas par grand vent est bien parce qu’il y a eu des accidents. Il sont trop haut par rapport à leur largeur, et peuvent donc se renverser facilement…

Ainsi, de lendemain en lendemain, nous patientons au total 4 nuits au terminal. Le plus drôle, c’est que le bateau est stationné en mer, immobilisé devant la rade, à attendre que le vent des steppes veuille bien se calmer. Heureusement, nous attendons en excellente compagnie ! Après deux nuits seuls dans le terminal, d’autres cyclistes nous rejoignent, attirés eux aussi par l’optimisme météorologiquement infondé de notre contact maritime. Nous faisons ainsi la rencontre de quatre cyclistes : Bang (Corée du sud) et Chang (Australie) plus Marlène et Vincent, un couple français parti depuis 20 mois déjà, avec qui nous sommes devenus très amis. Au moment où j’écris ces lignes ils embarquent dans un avion pour la France, et depuis notre rencontre nous ne sommes pas quittés !

Avant d’embarquer, nous transitons via un autre terminal bien mieux équipé, un lieu très agréable dont on regrette d’avoir été exclu durant nos 5 jours d’attente ! Il se trouve dans la zone sécurisée du port à laquelle nous n’avons pas le droit d’accéder sans être accompagnés… Il faut dire que le complexe entier a ouvert il y a 3 mois environ et tout n’est pas encore bien rodé. Par exemple la cantine est parfois accessible, parfois interdite, cela dépend du garde présent à l’entrée de la zone sécurisée… Voici une photo de l’endroit où nous dormions :

L’embarquement se passe sans problème, c’est aussi un train-ferry, donc des wagons viendront remplir tout l’espace disponible derrière les quelques camions. On a presque eu peur que Côtelette soit enfermée dans le parking, mais heureusement un jeune de l’équipage (seule personne qui parle anglais, pour les plus de 30 ans la lingua franca est le russe) en charge des passagers nous dit qu’il n’y a aucun problème, elle pourra même rester avec nous dans la cabine !! Il est content de discuter avec nous, car cela lui permet d’exercer son anglais. Il a un berger allemand chez lui, c’est une excellente nouvelle pour nous car cela veut dire qu’on revient dans des pays où les gens sont habitués aux chiens de compagnie, et donc beaucoup plus gentils avec les animaux !

A bord, nous sommes au total huit touristes, en incluant deux backpackeuses. Nous sommes accompagnés de huit chauffeurs de camion, tous turcs il me semble. Le bateau possède en sus un équipage de 23 personnes. J’arrive à discuter un tout petit peu avec les chauffeurs, de manière générale ils sont assez embêtés d’avoir été bloqués aussi longtemps… Ils font l’aller retour entre Aktau et Mersin (côte sud de la Turquie), normalement cela leur prend 5 ou 7 jours. Mais à cette période où la météo est capricieuse, ils étaient déjà partis depuis 10 jours en embarquant ! Nous avons profité de la traversée pour faire quelques jolies photos :

On nous avait prévenus et… la nourriture à bord se révèle à la hauteur de sa réputation. Le midi, pâtes au poulet, et le soir, poulet aux pâtes ! Pas un fruit ou légume frais à l’horizon malheureusement… Heureusement nous ne restons pas bloqués en mer trop longtemps, donc ce régime ne durera pas trop, et dès le dimanche soir nous entrons au port d’Alat, côté Azerbaïdjanais. C’est plutôt chanceux, car on connaît des cyclistes qui sont restés bloqués 5 jours à bord et là le menu fixe devient pesant !

La frontière se passe sans problème pour Côtelette, mais j’ai oublié de mettre mon deuxième prénom sur le visa ! Je fais toujours très attention et voilà, j’ai oublié. En plus ils ont un petit pdf des erreurs usuelles à ne pas commettre… Bref, petite frayeur en repensant aux histoires lues sur internet de personnes devant repayer (cher !) pour faire éditer un visa en express sur place, mais heureusement un coup de bigot à un supérieur compréhensif me sauve ! Les agents aux rayons X demandent à Bang s’il transporte un drone, mais, deuxième coup de chance, ils ne nous posent pas la question ! On apprendra plus tard que ce n’est pas vraiment interdit, il faut juste le mettre dans un sac scellé, on n’a pas le droit de voler en Azerbaïdjan. Comme le nôtre est définitivement cassé et ne vole plus de toutes façons, ce n’est pas très grave… (Il est sous garanti, mais seulement en France.) Au port nous voyons un panneau qui prévient de la présence de serpents d’eau 😮

Nous arrivons de nuit et mettons tous nos espoirs dans un hôtel un peu légendaire qui se trouverait à la sortie du port. Nous parvenons à le trouver, et le manager nous offre une bière à tous ! Notre séjour dans le Caucase commence bien ! Nous attendons une pièce pour le tandem envoyée de France par notre revendeur, malheureusement il n’a pas fait de Chronopost mais un simple Colissimo, donc contrairement à nos prévisions la pièce n’est pas encore arrivée. Stéphanie a rendez-vous pour un second entretien quelques jours plus tard, nous décidons donc de rester quelques jours, en espérant que cela laissera le temps à notre pièce d’arriver.

Nos compagnons de voyage prennent la direction de Baku le lendemain, mais nous restons avec Marlène et Vincent et décidons de faire une excursion à la journée pour aller voir les volcans de boue, ils sont à quelques kilomètres seulement de l’hôtel ! Sur la route nous rencontrons une flaque de pétrole brut (il y a des raffineries et des puits de partout dans cette région), si on fait abstraction de la pollution c’est un liquide drôlement amusant.

Les volcans de boue sont aussi sacrément rigolos, il est difficile de les décrire alors voici une vidéo et des photos !

Côtelette a l’air plutôt inquiète de ces formations étranges, ça nous arrange bien car on la voyait déjà se rouler dans la boue, on connaît d’autres voyageurs dont le chien aurait été ravi !!

Le lendemain, Marlène et Vincent prennent un peu d’avance car nous attendons toujours le colis ainsi que l’entretien de Stéphanie. Nous avons rendez-vous plus loin sur la route du nord, dans la ville de Samaxi que nous rejoindrons en taxi pour les rattraper !

Durant cette période, malheureusement, nos problèmes de pneu continuent et la sortie au volcans (non chargés !) suffit à user nos pneus, pour une durée de vie de deux jours, record battu ! Pas de chance, l’atelier vélo de Alat est fermé, donc Stéphanie doit de nouveau ressortir son kit de couture !

(Petite parenthèse : L’entretien se déroule bien, et contrairement à nous vous ne resterez pas dans l’inconnu plus longtemps car on a appris il y a quelques jours qu’elle est prise ! Cette nouvelle toute récente nous rend très très heureux, son poste à proximité de Libourne nous permettra d’habiter en campagne mais pas loin d’une grande ville, et sera en lien avec l’écologie et les problématiques de transition, c’est absolument parfait !!)

Le lendemain, notre taxi arrive et semble découvrir l’ampleur de la tâche qui lui incombe, pourtant la veille il avait bien vu le vélo ainsi que la chienne. Il est assez marrant en fait, il semble s’imaginer que la chienne pourrait voyager sans monter dans la voiture ? On accroche la carriole derrière ?? Bref, on s’en sort, mais Côtelette devra rester bien calme dans les bras de Stéphanie car à chaque mouvement il se retourne paniqué et regarde plus en arrière que la route !!

Nous arrivons à Samaxi sans problème, mais sous la pluie ! Le temps de remonter le vélo et de déjeuner, on apprend que la route choisie par Marlène et Vincent s’est transformée dans la nuit en champ de boue ! Ils ont dû faire demi-tour et on va se retrouver plus loin.

L’Azerbaïdjan est un pays très riche grâce aux énergies fossiles, par exemple les routes sont en parfait état ! C’est le premier pays musulman que nous traversons où la bière est omniprésente et servie dans tous les restaurants, qui proposent parfois aussi du porc. Le long de la route vers la Géorgie nous croisons des domaines vinicoles gigantesques, la région semble touristique et doit voir passer des cars de touristes durant l’été. Nous avons malheureusement expérimenté quelques défauts de cette présence, durant certains de nos échanges nous avons eu l’impression qu’on s’intéressait un peu trop à notre porte-feuille… Ils n’ont pas l’habitude des cyclistes visiblement ! Le meilleur est probablement lorsque nous avons pique-niqué sur le parvis d’un restaurant fermé et qu’un homme s’est approché de nous pour nous facturer notre simple présence. Nous avons fait semblant de ne pas comprendre, mais je le suspecte même d’être simplement passé par et de ne pas être le propriétaire. C’est un peu embêtant, mais pour la suite à chaque fois que nous demandions un service nous devions immédiatement préciser “bes plata” (gratuit en russe). Pigeon ou pingre, il faut choisir 🙁

La route redevient plus rurale et ces problèmes disparaissent rapidement ! Nous retrouvons Marlène et Vincent dans un petit restau où ils nous attendent, l’ambiance est super sympa et les gens adorables avec nous ! Nous venons de passer pas mal de temps sous l’eau, Côtelette est totalement trempée et pleine de boue, mais à l’intérieur le poêle va nous permettre de bien faire sécher toutes nos affaires.

Pour camper nous continuons de demander à des restaurants d’emprunter leurs belvédères inutiles en hiver. Cela permet de protéger la tente de la pluie, même si l’humidité suffit souvent à tremper la toile extérieure ! Un portrait de l’un de ces propriétaires adorables :

La météo s’améliore un peu, et notre plafond nuageux se dissipe petit à petit. Cela nous permet de découvrir les sommets enneigés alentour, la région est très belle ! Cela fait longtemps que nous n’avons pas roulé dans des environnements tempérés où il y a beaucoup d’arbres feuillus. Avec l’automne, les couleurs sont superbes ! Sur les routes nous croisons de nombreuses vaches, dont quelques unes noires et blanches. Cela nous rappelle un excellent documentaire tourné dans la campagne d’Azerbaïdjan que nous avions vu avant de partir, “Madonna, la vache qui a conquis le Caucase”. Je ne le trouve pas en replay mais dans les grandes lignes ça parle d’un paysan qui souhaite faire venir une vache normande dans sa campagne, mais les vieux du village sont contre ! Ce n’est pas parce qu’elle donnera plus de lait que les vaches d’ici qu’il faut ramener des vaches étrangères !! Bref, le documentaire est plutôt amusant et fait que nous appelons toutes ces vaches Madonna 🙂

Avant d’arriver à Sheki nous décidons d’emprunter un raccourci, qui va se révéler un peu sportif… La route se dégrade petit à petit jusqu’au moment où nous faisons face à ce qu’on ne peut qu’appeler un canyon ! Après ce trou gigantesque, il faudra encore traverser une rivière, puis plusieurs lits asséchés mais pierreux et enfin des flaques de boue. Les raccourcis, c’est joli et ça va toujours plus vite !

Nous arrivons dans la petite ville de Sheki, ville historique où nous décidons de nous arrêter pour deux nuits. C’est une petite halte très sympathique dont voici quelques photos. Côtelette découvre le luxe et s’installe sur un canapé extérieur !

Nous y rencontrons Quentin, un autre cycliste qui a eu des soucis articulaires et est resté 15 jours à Sheki. Sauf qu’en Azerbaïdjan, même si l’on dispose d’un visa de 30 jours, tout séjour plus long que 15 jours requiert de s’enregistrer officiellement auprès des autorités. Cette information n’est pas très connue, et normalement on reçoit un petit papier en entrant dans le pays. Mais cela n’a pas été le cas pour nous, ni pour Quentin, qui s’est fait refouler à la frontière. Il a donc dû revenir une fois de plus à Sheki pour trouver un bureau capable de traiter le problème. Le choix auquel on est confronté est alors le suivant : payer une amende ou bien se faire expulser du pays (cela signifie qu’on ne peut pas y revenir pendant 3 ans). Tous les cyclos ayant le problème choisissent évidemment l’expulsion, dont la forme est d’ailleurs bien laxe… il suffit de sortir du pays avant la fin de son visa. Pas d’escorte musclée jusqu’à la frontière donc.

Nos nuits s’enrichissent d’un nouveau bruit à partir de ce moment, ce sont les chacals. Leurs cris terrifiants viennent bercer nos nuits, et Côtelette panique totalement. Stéphanie réussit à la faire dormir en la prenant à moitié dans ses bras pour la rassurer, mais à partir des nuits suivantes elle aura sa place dans la tente, sinon elle aboie et ne ferme pas l’œil de la nuit!

Le passage de frontière se fait sans encombre et sans contrôle de nos affaires. On quitte officiellement la zone où tout le monde parle russe et c’est avec un peu de tristesse qu’on réalise qu’on a entendu nos derniers “ab kudaaaaa” criés le long de la route par les gens qui nous demandent d’où l’on vient.

Côté Géorgien on trouve de nombreux magasins et bureaux de change, c’est pratique et cela nous permet de nous acheter le snickers local, une churchkhela. C’est comme la saucisse à la noix que j’avais achetée en Turquie, mais en meilleur car fait maison 🙂

Le midi c’est une nouvelle séance de couture qui attend Stéphanie, les routes en Géorgie sont en un peu moins bon état et un nid de poule nous a mis totalement à plat ! En plus, c’est la contagion et Vincent a lui aussi un pneu déchiré. Heureusement il transporte un pneu de rechange, et nous récupérons son pneu au cas où… D’ailleurs il semblerait que nous ne soyons pas les seuls à faire les frais du mauvais état des routes ; pour nous une voiture géorgienne se reconnaît à l’absence de pare-choc avant !

La route est très agréable, nous arrivons à Kvaréli le soir et trouvons un petit hôtel, pas cher et super chic ! Côtelette s’installe de nouveau dans un petit fauteuil extérieur, ça lui va très bien ! Nous venons d’arriver en Géorgie, et même si nous avions repéré cette route des vins, on ne s’attendait pas à ce que nous réservent les prochains jours ! Nous sommes en bonne compagnie, la gastronomie géorgienne est fantastique, les vins sont excellents et l’hospitalité des locaux exceptionnelle… Nous découvrons les traditions géorgiennes avec plaisir, en particulier leur façon de tenir des banquets. Ceux-ci sont appelés supra et peuvent durer de longues heures. L’un des convives est nommé tamada, son rôle est de s’assurer que tout le monde est content, et surtout de porter des toasts, qui se doivent d’être “hautement philosophiques”. On s’improvise tamadas à tour de rôle, mais on sent bien qu’on est pas vraiment à la hauteur de la solennité régnant chez nos tablées voisines…

Les prochains jours nous réservent beaucoup de pluie, on reste donc une journée sur place afin de visiter l’église, le centre ville ainsi qu’une exploitation. Au déjeuner nous découvrons une autre spécialité géorgienne, le kachapuri, une sorte de pizza au fromage. Leur taille nous surprend un peu, et nous avons beaucoup à manger, ça tombe bien car nous avons aussi beaucoup à boire avec nos voisins qui nous offrent des tournées de cognac maison ! En fait, la bouteille est pour nous, impossible de repartir sans ! Après ce déjeuner copieux et arrosé, nous sommes prêts pour la visite de l’usine vinicole située en centre ville. Il paraît que les Géorgiens auraient inventé le vin, je ne sais pas si c’est vrai mais nous découvrons leur méthode de fabrication ancestrale. Ils utilisent d’immenses amphores en terre cuite appelés qvevri. Le raisin est écrasé et placé dans ces immenses récipients enterrés pour quelques mois ou quelques années. Ils fabriquent des vins plus ou moins sucrés : les vins secs fermentent la totalité de leur sucre, tandis que les vins sucrés sont fabriqués en stockant le liquide à basse température pour stopper la fermentation.

Le lendemain, petite journée où nous traversons simplement la vallée. En chemin nous croisons une exploitation de taille beaucoup plus raisonnable (35000 bouteilles, l’usine de Kvaréli en produit 2 millions !) où nous nous arrêtons pour déjeuner. Troisième spécialité géorgienne, les khinkali, ce sont les raviolis du coin. Ils sont traditionnellement fourrés avec de la viande, mais en trouve facilement des versions végétariennes. Cette exploitation a une histoire assez intéressante, en effet le propriétaire avait tout d’abord racheté le terrain avec pour idée d’y construire un hôtel. En commençant les travaux ils ont trouvés des qvevris enterrés là depuis 500 ans ! En redécouvrant l’histoire de ce lieu le propriétaire a décidé de prolonger cette pratique et a donc changé de projet ! Aujourd’hui cela a l’air de marcher du tonnerre, et cela fait plaisir de voir une exploitation de petite taille comme celle-ci, qui travaille en méthode 100% traditionnelle. Pas de réfrigération en place ici pour faire les vins sucrés, ils disposent d’une cave qui reste naturellement à basse température tout au long de l’année.

Le soir nous arrivons à Gurjaani où nous ne parvenons pas à trouver le petit hôtel sympa que nous avions repéré… Les hôtels ici sont un peu chers car c’est une ville très touristique, mais une gérante qui parle français nous aide à trouver une chambre d’hôte dans notre budget. Nos problèmes de pneus n’en finissent pas, notre pneu arrière a éclaté à quelques kilomètres (seulement, heureusement !) de la ville. Stéphanie doit encore coudre, mais nous utilisons cette fois l’ancien pneu de Vincent. Elle arrive bientôt au bout du fil de pêche !! Je parviens à trouver un pneu de VTT énorme dans un magasin du centre ville, en espérant qu’on ne devra pas s’en servir… L’optimisme ne paye pas toujours, et évidemment on devra changer pour ce monstre dès le lendemain 🙂 Signalons aussi que pour éviter d’emprunter la grande route qui va vers Tbilisi, nous choisissons de grimper un petit col par les petites routes. C’est superbe et on ne regrette pas, mais c’est très raide ! On force tellement que notre maillon rapide de chaîne (qui nous suit depuis la France malgré 3 changements de chaîne) rend l’âme en pleine montée.

Le soir nous trouvons un bon spot de camping avec une vue sur la vallée. Nous transportons des œufs et pour la première fois nous réussissons à n’en casser aucun ! Le lendemain matin on fait découvrir aux copains la super recette iranienne de l’omelette au dattes, un régal plein d’énergie idéal pour une journée de vélo !

Il ne pleut pas, mais les routes secondaires sont impraticables à cause des intempéries de ces derniers jours. Les pistes sont trop boueuses… Cela veut dire que pour nous rendre à Tbilisi nous n’aurons d’autre choix que de suivre la route principale, assez fréquentée. Ce n’est pas hyper sympa :/ L’après midi nous assisterons à une collision entre un fourgon et un chien de rue qui nous suivait joyeusement… On est sous le choc, Marlène et Vincent essayent de s’occuper un peu du pauvre chien en le transportant sur le bas côté avec l’aide de deux géorgiens qui se sont arrêtés. On finira par le laisser dans un endroit calme avec de la nourriture et de l’eau, on pense qu’il survivra mais ne pourra plus se servir de ses pattes arrières. Ce dur rappel à la réalité de cette route chargée nous a tous un peu refroidis, et nous aimerions bien trouver un endroit où dormir au chaud un peu plus loin. Nous sommes dans une station essence, et tel un signe du destin c’est l’instant que choisit le pneu avant de Vincent pour éclater dans un immense bruit de canon, qui résonne entre les pompes. Y’a des jours sans…

A seulement 50km de Tbilisi et 4km du prochain hôtel, nous décidons de demander l’aide des employés de la station service pour commander un fourgon et aller dormir à Tbilisi. Drôle de dernière journée à vélo après 21 mois sur la route pour Marlène et Vincent… Tout se finit bien car nous retrouvons Johanna dans notre guest house, elle nous a de nouveau rapporté du fromage de France, et la famille qui gère l’hôtel Valdi est adorable ! Côtelette prend ses quartiers à l’intérieur et s’habitue rapidement au confort !

9 COMMENTS
  • Anita
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    Vous avez une mine superbe, serait-ce le vin géorgien ? Sinon, je ne savais pas que Côtelette avait des dons pour le cirque, très choux ces petits chaussons, je vois que le moral est toujours là et que même ces ennuis mécaniques ne vous découragent pas.
    Bises à vous 2

  • Christine
    Reply

    Quelles péripéties ! Et bravo Stéphanie pour ton boulot, c’est super pour vous.

  • Élisabeth
    Reply

    Encore de belles aventures et aussi une triste !! J’espère que Libourne vous offrira de belles aventures certainement moins dépaysantes. Bravo à vous deux. Bises Élisabeth

  • Ruven
    Reply

    Tient, on vient juste de passer par Libourne de retour de chez Elliott. Bises à tous et bon courage pour trouver de bons pneus

  • Aline Jordens
    Reply

    Formidable !!!! Retour progressif vers la civilisation ?! Êtes vous sur le chemin du retour ? Merci pour ce blog, je sais qu’écrire prend beaucoup de temps…mais je vous suis…. et je vous embrasse

    1. Claude
      Reply

      On est ravis que le blog soit aussi suivi, c’est vrai que cela prend du temps mais cela vaut le coût si les articles plaisent !
      Oui nous sommes bien en route pour la France !!

  • Flo
    Reply

    Que de péripéties !!! Félicitations Steph pour ton boulot, ça a l’air super. Bizou

  • Claude
    Reply

    Je suis vos aventures avec beaucoup de plaisir et beaucoup d’envies aussi..
    Merci pour ces superbes récits… Et belle route

  • Sylvie
    Reply

    Ahah !! J’ai trouvée cet article top ! C’est très beaux, vos aventures sont inspirantes et vous les racontez avec beaucoup de générosité et avec un certain recul très amusant 😂
    Trop contente pour vos prochaines aventures à Libourne ! Vraiment bien joué ✌️

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